Jean-Jacques Lambin : Quel avenir pour le capitalisme ? (Ed. Dunod)

Le capitalisme entrepreneurial sera-t-il l'avenir ?

Si la crise des subprimes avait déjà sérieusement ébranlé les fondations du capitalisme, le glissement de l’endettement privé vers le secteur public laissera encore moins de marge de manœuvre en cas de nouvelle crise systémique. L’heure est donc aux réformes. Parmi les déficiences à corriger, certaines sont facilement identifiables, bien que leur correction soit un combat de longue haleine. Les abus de la titrisation, les produits dérivés adossés aux crédits hypothécaires douteux, le rôle des agences de notation, l’inadéquation des systèmes d’évaluation des risques, le manque de régulation sont autant de thèmes qui sont au centre des réflexions actuelles sur la refonte du capitalisme.

nouveau site de rencontre gratuit 2021 Des capitalismes divers, mais aux défaillances identiques ?

Au cours des trois dernières décennies, on aura pu assister à la montée en puissance d’un capitalisme basé sur le néolibéralisme, avec la croyance que le marché pouvait s’autoréguler et favoriser la concurrence en l’absence de l’Etat. S’il est bon de noter que les vagues de privatisations et déréglementations ont en effet profité aux consommateurs, notamment dans les secteurs des télécoms ou des transports en Europe, avec des prix plus économiques, le marché ne peut néanmoins garantir de façon perpétuelle, à lui seul, une allocation optimale des ressources au sein de l’économie. Les économistes n’ignorent plus la génération d’externalités négatives telles que la pollution ou la tendance à tendre vers des formes de monopoles, et les législations en la matière ne cessent d’évoluer depuis un siècle.

Evidemment, le capitalisme revêt différentes formes à travers les pays, selon la nature et l’importance des régulations mises en place. C’est la traditionnelle comparaison entre le modèle anglo-saxon et le modèle rhénan ou même colbertiste. A l’intérieur même des modèles subsistent des disparités, à l’instar de la place que l’on donne au consensus dans les systèmes productifs (Allemagne), à l’homogénéité des salaires (pays nordiques) ou au contournement des réglementations (Grèce, Italie). Sur bien des points, l’ouvrage de Jean-Jacques Lambin pourra être mis en relief avec la célèbre monographie des capitalismes proposée il y a une vingtaine d’années par Michel Albert (Capitalisme contre Capitalisme), et le lecteur sera surpris de voir que ces formes de capitalisme n’ont guère évolué depuis, exception faite de l’émergence d’un capitalisme d’Etat en Chine.

A un niveau plus global encore, c’est évidemment la prépondérance du capitalisme financier qui saute aux yeux, avec toutes les dérives qu’on lui connait. La crise financière de 2008 a néanmoins eu le mérite de remettre en cause certaines croyances ultralibérales selon lesquelles le marché serait capable de s’autoréguler, d’apprécier les risques de façon autonome ou que les instruments financiers bénéficiaient à l’ensemble de l’économie. Dans le fond, c’est comme si l’entrepreneur innovateur de Schumpeter était passé au second plan, caché derrière les spéculateurs.

Face aux déficiences de ces capitalismes, force est de constater que des alternatives intéressantes se sont développées aux quatre coins du monde, avec toujours l’idée de replacer l’individu et le bien-être social au cœur des actions collectives et entrepreneuriales. L’on pourra citer la montée en puissance des coopératives, l’arrivée du business social, les modèles de rentabilité à deux niveaux (facturer davantage les plus riches, à l’instar de l’entreprise sociale Araving Eye Care System en Inde), le développement du capital altruiste (des associations vivant entre autres de leurs parts dans des sociétés cotées), le philantrocapitalisme, et bien sûr, la généralisation du commerce équitable.

Au-delà des simples pansements, c’est le capitalisme dans son ensemble qui est remis en cause, d’aucuns considérant la croissance ou la mondialisation comme des courses éreintantes pour nos sociétés. Jean-Jacques Lambin s’attèle à souligner ces dilemmes particulièrement criants aujourd’hui, avant de s’intéresser aux manières de construire une croissance qualitative compatible avec les objectifs du développement durable.

Une critique constructive du capitalisme, qui remettra l’entrepreneur au centre des processus de création de richesse, et qu’il convient de découvrir, pour mieux mesurer les opportunités nouvelles qui s’offrent à nous.

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Jean-Jacques Lambin est un universitaire spécialisé dans l’enseignement et la recherche sur les phénomènes liés au marché et au marketing stratégique, à l’Université catholique de Louvain (UCL), en Belgique.

Parmi les derniers ouvrages chez Dunod : Communication de crise et médias sociaux (Emmanuel Bloch), Psychologie du manager (Patrick Amar).

 

Pour en savoir plus sur les nouvelles publications, rendez-vous directement sur le site des éditions Dunod.

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