Les jeux en ligne : desserrement de l’étau législatif et remède face à la crise ?

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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les Etats-Unis ont, jusqu’à récemment, encadré sévèrement le développement des plateformes de jeux en ligne. D’aucuns se rappellent peut être des saisies spectaculaires du FBI suite à l’Unlawful Internet Gambling Enforcement Act (2006), en particulier celles de domaines internet de renom, accusés de fraude bancaire et de blanchiment d’argent. Ce n’est qu’en septembre 2011 que le Département de la Justice du pays a relâché timidement le cadre d’application de l’Interstate Wire Act (1961), et permis, quelques mois plus tard, à chaque Etat de légiférer librement en la matière. Certains Etats comme le Nevada, le New Jersey ou le Delaware se sont empressés de voter des lois autorisant les jeux en ligne, voyant dans cette industrie une nouvelle manne fiscale à capter.

Dans l’un de ses rapports annuels1, l’American Gambling Association se félicite du retour en force récent de l’économie du jeu aux Etats-Unis .2012 a en effet marqué la troisième année de croissance positive pour les revenus du jeu. De façon générale, l’industrie a permis d’employer plus de 330.000 personnes ces dernières années, et a généré la coquette somme de $8,6 milliards en revenus fiscaux en 2012. Il s’agit dela deuxième année la plus importante depuis la création du rapport en 1999, seulement inférieure à l’année 2007. Les revenus tirés des jeux ont augmenté de 4,8% sur le territoire national, atteignant les $37,3 milliards ; mais une telle statistique cache de grandes disparités régionales. Tandis qu’un Etat comme le Kansas voyait ses revenus augmenter de plus de 600%, d’autres comme le Delaware ou l’Indiana ne pouvaient en revanche que constater une érosion supérieure à 4% entre 2011 et 2012.

Face à un potentiel aussi important, les sites restent pourtant prudents avant de remettre un pied aux Etats-Unis. Mais ce sont pourtant des contrats de sponsoring avec des sportifs de haut niveau ou des clubs de premier plan qui leur ont permis de revenir sur le devant de la scène, en affichant une image dynamique auprès du grand public.

Le marché peut paraître trop important pour pouvoir être négligé, mais souffre d’un certain effet de mode. Selon H2 Gambling Capital, les jeux en ligne pourraient dépasser les $40 milliards à l’échelle mondiale d’ici la fin de l’année. D’un autre côté, la France, cinq ans après la libéralisation de son marché, montre à quel point l’industrie peut vite atteindre ses limites. Après un basculement quasiment complet vers une offre légale, le marché français a monté des premiers signes de recul fin 2011. Autre signe de la frilosité française, le gouvernement s’est récemment positionné en admettant préféré les « clubs » de jeu aux casinos à Paris.

De quoi pousser ces derniers à investir toujours plus dans leurs plateformes connectées ? Casino.com, site appartenant au groupe Mansion, a par exemple investi massivement pour accroître sa présence sur le net et franchir les portes du marché français. Avec plus de dix ans d’expérience, le site s’est même permis de décliner ses jeux sur version mobile, à travers une application smartphone. Un exemple de déclinaison dont semblent s’inspirer nombre de concurrents aujourd’hui.


1. (en) The AGA Survey of Casino Entertainment, 2013 State of the States, Americangaming.org

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