L’or noir aura connu au mois de juin d’intéressants rebondissements.
Faiblesse du dollar, embellie sur les marchés actions, puis prévisions de nouveau en berne, faiblesse de la demande mondiale, coup de folie nocturne sur les marchés…
Tout le marché, en quelques mots.
Le mois de juin aura d’abord été marqué par des velléités haussières. La faiblesse du dollar, la hausse des marchés actions, les espoirs placés dans une reprise prochaine, et le retour en force des fonds de Wall Street ont notamment joué en faveur du baril. Du moins pendant les premières semaines du mois, puisque le WTI se retrouvait propulsé à plus de $70/baril, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis sept mois. Les gesticulations politico-sociales iraniennes n’auront même pas soulevé d’inquiétudes à Wall Street.
Ce n’est qu’à la fin du mois de juin que les opérateurs financiers ont commencé à remettre en question leur trop plein d’optimisme, une série de données macroéconomiques particulièrement négatives les ramenant à la réalité.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’est notamment montrée particulièrement critique face à ceux qui mettraient trop d’espoirs dans une reprise rapide de l’économie mondiale. L’organisation internationale a fortement abaissé ses prévisions concernant la consommation mondiale, tout en déclarant que la menace de pénurie s’estompait.
L’Agence prévoit par ailleurs une hausse de la demande mondiale en rythme annuel autour de 0,6% de 2008 à 2014, ce qui élèverait la consommation de 85,8 Mb/j à 89 Mb/j. Pour information, les prévisions antérieures tablaient sur une consommation en 2013 supérieure de 3,3 Mb/j. Si les scénarios les plus pessimistes prévus par l’AIE venaient à se réaliser, la consommation pourrait chuter à 84,9 Mb/j en 2014.
La production de pétrole dans le monde est en léger repli depuis 2008. Source : OPEP
De telles évolutions feraient évidemment gonfler de manière substantielle le coussin dont disposent les pays de l’OPEP pour faire face aux chocs de la demande et aux scénarios de pénuries. Celui-ci pourrait ainsi atteindre les 7,78 Mb/j d’ici l’an prochain, soit 8% de la demande mondiale. Rappelons que ce même coussin et sa maigreur supposée avaient été au centre des débats l’an dernier, tandis que le baril de WTI s’envolait à $147.
La production de l'OPEP a baissé de 10% depuis 2008. Source : OPEP
Et si d’aucuns faisaient encore preuve d’un optimisme débordant début juillet, une telle imprudence aura vite été anéantie avec un baril reculant brutalement aux environs de 66 dollars.
PVM, un des plus importants courtiers de pétrole au monde aura été victime d’un énième trader fou sur les marchés en la personne de Steven Noel Perkins. Pour la petite histoire, celui-ci se serait amusé à placer des ordres massifs d’achat à deux heures du matin sur le Brent, heure à laquelle le marché est particulièrement illiquide (entre la fermeture de New York et l’ouverture de Singapour). Son petit moment de folie, ou de gloire incertaine, aura finalement coûté 10 millions de dollars à sa compagnie.
Dans un registre moins burlesque, une série de mauvaises données macroéconomiques en provenance des Etats-Unis est venue s’échouer sur les rives des marchés :
A cela s’ajouteront par la suite de profondes inquiétudes sur la demande U.S., et le baril de plonger logiquement sous les $60.
Pourtant, certains tels Francisco Blanch, chef du département de recherche en matières premières de Bank of America – Merrill Lynch, préfèrent rester sur une note positive, en soulignant qu’un rebond de la demande mondiale est encore possible, notamment si celle-ci est soutenue par les pays émergents. Un tel scénario pousse M. Blanch à remonter ses prévisions pour le baril de Brent à $59 pour fin 2009, et $75 pour fin 2010. A voir.
Et pour finir, quelques bribes appétissantes sur le marché :
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Quand on sortira de la crise financière, qu’on pensera atteindre la reprise tant espérée… On risquera bien de retomber dans un pétrole très très cher !