Philippe Herlin : L’or, un placement d’avenir (Ed. Eyrolles)

L'or est-il un placement d'avenir ?

Face aux soubresauts continus des marchés sur la dernière décennie, il est un élément qui défie le temps et la hauteur par l’allure de son cours : l’or. Le précieux métal n’a cessé de progresser, confortant un peu plus son image de valeur refuge. Philippe Herlin s’intéresse à cette matière première bien particulière.

http://dzikibez.pl/?klew=darmowe-randki-dla-senior%C3%B3w&0d4=6e L’or a-t-il encore un rôle à jouer dans notre politique monétaire ?

L’or est avant tout marqué par une histoire extraordinaire que l’auteur s’efforce de retracer. Il accompagne en effet les civilisations depuis des millénaires, de son premier rôle monétaire dès l’Egypte ancienne jusqu’à 1971 et la fin de la convertibilité dollar/or. Si la fortune de Crésus, les ducats de la République de Venise ou le florin de Florence font rêver aujourd’hui encore, l’or en tant qu’étalon ne fut pas exempt de dysfonctionnements sévères. Pour autant, est-il retombé dans la banalité de ses consœurs matières premières ?

Pas si sûr. Prenons un exemple : pourquoi l’or est-il loué pour ses vertus de thésaurisation, alors que son frère, l’argent, a toujours été considéré comme plus risqué comme investissement ? La réponse est dans le rapport entre le stock total, et le niveau d’offre ou de demande annuelle. Il y a sur terre près de 160 000 tonnes d’or. L’offre annuelle (mines, recyclage, vente des banques centrales) est de 2 600 tonnes environ, à peu près autant que la consommation. Ce qui signifie qu’à ce rythme-là, il faudrait probablement une soixantaine d’années avant d’épuiser totalement les stocks, si l’offre venait à disparaître. Un tel ratio n’est pas si évident chez l’argent, ou même chez d’autres matières premières.

Depuis 1971, l’or est passé de 35 à 1 800 dollars l’once. A mesure que les gouvernements s’endettent, que les monnaies perdent en valeur et que l’inflation s’installe, l’or, lui, s’envole vers les cieux. C’est particulièrement vrai dans les années 1970 lorsque les gouvernements tentent de relancer leur économie face à la double crise pétrolière, ou dans les années 2000 lorsque le crédit est facilité pour tous et que les gouvernements s’installent dans la dangereuse spirale de l’endettement dont nous subissons les conséquences encore aujourd’hui. A l’inverse, lorsque Paul Volker prend les commandes de la FED en 1979 et décide de combattre l’inflation, en portant les taux d’intérêts américains à 20%, le cours du métal jaune s’écroule.

Selon Philippe Herlin, l’or a encore de beaux jours devant lui, surtout si les Etats continuent de faire tourner la « planche à billets » pour faire face à la crise actuelle. Les banques centrales sont aujourd’hui forcées, dans un aveuglement rassurant, à « monétiser » la dette des Etats, à l’acheter. Cela n’est pas sans risque, et risque de créer une crise monétaire majeure à terme, voire une véritable crise systémique, avec à la clef une ruine des épargnants.

Faut-il alors imaginer un nouveau rôle monétaire pour l’or ? Si la question d’un retour à l’étalon-or semble très prématurée voire impossible en l’état, une flexibilisation de la circulation de l’or, à travers une baisse des coûts de transaction est envisageable selon l’auteur. Celui-ci rappelle entre autre que « toute vente d’or en France est soumise à une taxe de 8% ou à un impôt sur les plus-values, ce qui l’empêche de pouvoir jouer un quelconque rôle monétaire ».

En dernier lieu, Philippe Herlin s’intéresse aux différentes façons d’acheter de l’or et de le conserver. Lingots, lingotins, napoléons, les principaux instruments sont ainsi passés en revue, tout comme les plateformes d’achat et de stockage. L’achat d’ETF est quant à lui catégoriquement décliné, ces produits étant considérés comme purement spéculatifs selon lui et n’ayant qu’une valeur papier quelconque.

L’on retrouvera le long de cet ouvrage des enseignements intéressants sur l’histoire de l’or, son importance passée et future dans nos systèmes monétaires et ses différentes incarnations matérielles, dans un vocabulaire toujours adapté au grand public.

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Philippe Herlin est chercheur en finance et chargé de cours au Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM). Il est l’auteur de Repenser l’économie, et de Finance, le nouveau paradigme.

Parmi les derniers ouvrages chez Eyrolles : Les 7 clés du marketing durable (Elizabeth Pastore-Reiss), Les villes et les formes (Serge Salat , Françoise Labbé , Caroline Novacki).

 

Pour en savoir plus sur les nouvelles publications, rendez-vous directement sur le site des éditions Eyrolles.

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