Dans les coulisses de « J’apprends J’entreprends », le serious game de la création d’entreprise

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Apprendre les bases de la création d’entreprise tout en s’amusant, voilà le pari que la Maison de l’emploi de Nanterre a lancé à Interaction Games. La société l’a joliment relevé en sortant, en février dernier, son serious game « J’apprends J’entreprends ». Jordane Pâquet, directeur d’Interaction Games, nous dévoile les coulisses de sa création.

Le scénario est simple : vous rêvez de créer votre propre entreprise mais vous n’y connaissez rien ! Akito, un jeune chef d’entreprise, décide de devenir votre parrain –on y reviendra- pour vous y aider. Petit à petit, il vous fait découvrir les bases de l’entrepreneuriat grâce à des mini-jeux et des fiches thématiques, en évoluant dans différents lieux.

Vous avez réussi à réaliser un jeu ludique sur le thème de la création d’entreprise. Quel est votre secret ?

Sans doute le fait d’aborder la création d’entreprise sous un angle nouveau, basé sur des cas pratiques. Dans le jeu, le personnage suit toutes les phases de la création, depuis l’idée jusqu’à la mise en place d’un projet viable.

Nous avons fait un très gros travail au niveau des contenus. Parler de tableaux prévisionnels ou de plans de financement, ce n’est pas très fun en soi ! Nous avons synthétisé ces sujets très complexes en un contenu clair et simple. Cela a été un vrai casse-tête !

Avez-vous travaillé avec des professionnels ?

Absolument. Nous avons confié la rédaction des fiches [qui aident le joueur à réussir les mini-jeux] à des experts : juristes, responsables de la Chambre de commerce et d’industrie ou de la chambre des métiers, journalistes, afin d’avoir une ligne éditoriale cohérente et adaptée.

Les contenus pédagogiques, leur hiérarchisation et le scénario du jeu ont été créés en coordination avec la Cité des métiers de Nanterre. Et nous avons fait tester le jeu à une trentaine de personnes orientées par la mission locale ou Pôle Emploi. C’était vraiment le public ciblé, tous cherchaient à créer leur propre entreprise. Le mois de décembre dernier a été consacré à améliorer le jeu, par rapport aux remarques des testeurs, pour le rendre le plus accessible possible.

Comment faire, justement, pour qu’un serious game intéresse un large public ?

Nous avons rendu le gameplay le plus simple possible. Tout se fait avec la souris. Idem pour les mini-jeux : il y a beaucoup de quizz simples, où l’on choisit entre plusieurs réponses, ou des mises en situation lors de dialogues avec des personnages. Là, le joueur peut étudier plusieurs avis qui l’aident à faire son choix.

Présentez-nous Akito, notre parrain virtuel, qui est un peu le fil rouge sympa et amusant du jeu…

Nous avons créé ce personnage pour qu’il soit le plus attachant possible. Akito dirige une entreprise en pleine croissance, a une certaine expérience et beaucoup de relations. Mais il aime aider, partager. Cela permet de créer des situations et des mini-jeux variés : la rencontre avec ses amis, la nécessité de remplacer Akito dans son entreprise et prendre les décisions à sa place…

Vous en parlez comme s’il existait vraiment !

C’est un peu ça ! Lorsqu’on construit l’histoire d’un serious game, on réalise un profil de caractère pour chaque personnage : on définit son design, son rôle clé, on le décrit pour le rendre le plus humain possible. Cela nous aide à le visualiser, à nous inspirer de personnes que l’on connaît pour trouver au personnage la façon de parler qui lui correspondra le mieux.

Les décors et le design ont aussi été très travaillés ?

C’était indispensable car le jeu s’adresse autant aux jeunes en difficulté qu’aux personnes qui ont déjà une longue carrière et qui veulent se mettre à leur propre compte. Donc nous avons opté pour un design à mi-chemin entre des personnages cartoon, qui plaisent aux jeunes, et des personnages réalistes, auxquels les moins jeunes s’identifient davantage.

D’ailleurs les graphismes rappellent l’univers des Sims

Effectivement, c’est l’une de nos sources d’inspiration. Grâce aux Sims, le public féminin a découvert l’univers des jeux vidéo. Tout comme la Wii, par la suite, a intéressé les familles ou les personnes plus âgées. Ces courants ont permis d’ouvrir les esprits en faveur des jeux vidéo et le serious game se situe vraiment dans cette optique, en ciblant un public plus étendu.

Ça marche ?

« J’apprends j’entreprends » est accessible sur internet depuis le 14 février. Nous avons pour l’instant 1100 joueurs uniques, ce qui est plutôt un bon départ.

Si vous avez envie de tester, c’est sur le site de J’apprends J’entreprends !

D’autres serious games pour découvrir :
- Les ressources humaines : Ma job aventure
- Le statut d’auto-entrepreneur : Ma cyber auto-entreprise
- Le management : Cartel Euro 3000
- Le quotidien des personnes handicapées en entreprise : SecretCam

Léa Davy est une passionnée d'économie, de nouvelles technologies et d'infos geekisantes, mais pas très bavarde sur elle-même.

Catégories : Emploi & Carrières, Entreprises, Management, Stratégie | Publiez votre commentaire

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